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Comprendre et agir

Une prise de conscience tardive du dérèglement climatique et du « développement durable »

 

La prise de conscience mondiale d’un possible dérèglement climatique en lien avec les activités humaines est intervenue dès la fin des années 1980.

La réticence des pays les plus émetteurs et donc les plus pollueurs (USA, Chine, Inde, UE) à limiter leurs émissions de GES et donc réduire leurs activités économiques et industrielles ont retardé l’adoption de contraintes internationales.

Source : Dessin de Chapatte sur http://www.planetenonviolence.org 

 

C’est lors du premier sommet de la Terre, à Rio de Janeiro du 3 au 14 juin 1992, sous l’égide des Nations unies, que les préoccupations de développement durable ont reçu une première concrétisation, avec l’adoption de deux conventions et d’un agenda pour le XXIe siècle. Il aura fallu attendre 2005 et la ratification du protocole de Kyoto par la Russie pour que les premières contraintes soient fixées.

Dessin de Delize

 

Les grandes dates de la mobilisation internationale en faveur du climat

 

1988: Création sous l’égide de l’ONU d’un Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC, IPCC en anglais), chargé de faire la synthèse des connaissances sur le changement climatique.

1990: Premier rapport du GIEC qui montre que les gaz à effet de serre (GES) liés aux activités humaines augmentent et risquent d’intensifier le réchauffement climatique. Trois autres seront publiés en 1995, 2001 et 2007.

1992: Le «Sommet de la Terre» de Rio élabore la Convention de l’ONU sur le changement climatique (CCNUCC) afin de «stabiliser les concentrations de GES dans l’atmosphère».

Chaque année, la Conférence des Parties de la convention, qui rassemble tous les Etats signataires (193 et l’Union européenne), se réunit pour tenter de progresser dans la lutte contre le changement climatique.

1997: Le Protocole de Kyoto est adopté dans le cadre de la CCNUCC. Il impose aux pays industrialisés de réduire d’ici 2012 leurs émissions de GES de 5,2% par rapport à 1990.

2001: Les États-Unis, plus grand pollueur de la planète, refusent de ratifier le protocole de Kyoto.

2005: Entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, le 16 février, après avoir été ratifié par la Russie en 2004.

En novembre, la Conférence de Montréal – qui rassemble une centaine de ministres de l’Environnement – le met en œuvre, ce qui rend possible la création de marchés du carbone.

2006: La Chine devient, à la place des États-Unis, le premier émetteur de CO2 au monde.

2007: Le GIEC publie son quatrième rapport: la température mondiale devrait augmenter de +1,1 à 6,4°C par rapport à 1980-1999 d’ici 2100, avec une valeur moyenne plus sûrement comprise entre +1,8 et +4°C.

Les évènements extrêmes devraient se multiplier, et le niveau des océans pourrait s’élever de dizaines de centimètres d’ici la fin du siècle. En octobre, le Prix Nobel de la Paix est attribué à l’ex-vice président américain Al Gore (Etats-Unis) et au GIEC, dont la réputation sera ébranlée en 2009 après plusieurs erreurs dans son dernier rapport.

Adoption de la «feuille de route de Bali», négociations devant préparer la voie à un nouvel accord international sur l’après-Kyoto.

2009: Grand rendez-vous climat de Copenhague en décembre, qui restera notamment comme le plus grand sommet de chefs d’État et de gouvernement sur une problématique environnementale dans l’histoire des Nations unies.

La conférence frôle le fiasco, et débouche sur un accord politique négocié in extremis par une vingtaine de chefs d’État. Le texte fixe comme objectif de limiter la hausse de la température de la planète à deux degrés mais reste évasif sur les moyens d’y parvenir. Il prévoit aussi une aide de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour aider les pays les plus pauvres.

Source : Dessin de Chappatte dans « International Herald Tribune » sur http://www.globecartoon.com/dessin/

 

2010: Conformément à l’accord de Copenhague, pays industrialisés et en développement consignent par écrit leurs objectifs et actions en matière d’émission de GES pour 2020, qui ne sont pas suffisants, selon les calculs des scientifiques, pour limiter à deux degrés la hausse de la température moyenne de la planète.

Les engagements européens et français

 

L’Union Européenne s’est engagée, en décembre 2008, à réduire sa dépendance aux énergies fossiles, stabiliser puis réduire ces consommations d’énergie et développer les énergies renouvelables à travers les objectifs du paquet « énergie-climat ». Le paquet Energie Climat est un plan d’action adopté en 2008 visant à mettre en place une politique commune de l’énergie et à lutter contre le changement climatique.
Il entérine l’objectif des « trois fois 20 » à atteindre pour 2020 :

  • réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 % par rapport au niveau de 1990
  • amélioration de 20 % en matière d’efficience énergétique par rapport à 2005  (disposition non contraignante)
  • porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020 (contre 8,5% actuellement)

 

A travers la signature du paquet Energie Climat européen, l’Etat français s’est engagé, comme les autres 27 États européens à respecter à échéance 2020 cette règle des « trois fois 20% ».

 

Le « facteur 4 »

 

 Plus d’infos : « FACTEUR 4 : La réponse au défi climatique »

Concernant les émissions de gaz à effet de serre, les objectifs français sont encore plus ambitieux : la France s’est engagée dès 2003  à diviser par quatre d’ici 2050 les émissions nationales de gaz à effet de serre, objectif appelé le « Facteur 4« , afin de contenir le réchauffement climatique à un niveau d’élévation de 2 ° C.

Cet objectif a été successivement inscrit dans la « Stratégie nationale de développement durable » de juin 2003, puis dans le « Plan climat » de juillet 2004 et la « Loi de programme fixant les orientations de sa politique énergétique » en juillet 2005, avec confirmation en 2007 dans le Grenelle de l’environnement.

Ce « Plan Climat national » décidé en 2004, afin d’être efficace, se décline en Plans Climats Territoriaux pour la mise en œuvre des objectifs environnementaux au niveau d’une région, d’un département, d’une intercommunalité ou d’une commune.