Ressources documentaires

Comprendre et agir

L’effet de serre : un phénomène naturel

 

« L’effet de serre » est un phénomène naturel dû à la présence de gaz à effet de serre (GES) contenus dans l’atmosphère.

Effet de serre naturel

Source : http://effetdeserre.canalblog.com/

 

Une partie du rayonnement en provenance du soleil traverse l’atmosphère et atteint le sol, qui en retour émet un rayonnement thermique (de la chaleur).

Cette chaleur, au lieu de partir dans l’espace, est absorbé par les GES, ce qui réchauffe l’atmosphère, qui elle-même réchauffe le sol (c’est-à-dire la croûte terrestre, la biosphère et l’hydrosphère).

Sans effet de serre « naturel », la température moyenne sur Terre serait de – 18°C. Grâce aux gaz naturellement présents dans notre atmosphère, la température moyenne sur Terre est d’environ + 15°C, température beaucoup plus propice au développement de la vie sous toutes ses formes.

 

Mais amplifié par les activités humaines

 

Phénomène naturel, l’effet de serre est amplifié par les émissions de GES provenant des activités humaines.

Depuis le XIXe siècle, l’homme a considérablement accru la quantité de gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère. En conséquence, l’équilibre climatique est déstabilisé et le climat se réajuste à un effet de serre accru.

Parmi l’ensemble des GES émis par les activités humaines, on retrouve notamment :

  • Le dioxyde de carbone CO2 : combustion d’énergie fossile et déforestation tropicale
  • Le méthane CH4 : décharges, agriculture, élevage et procédés industriels
  • Le protoxyde d’azote N2O : agriculture, procédés industriels, utilisation d’engrais
  • Gaz fluorés : PFC, HFC, SFd’origines industriels (aluminium, réfrigération)

 

Les travaux du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat – en savoir plus)  ont démontré que le dioxyde de carbone était le gaz qui a contribué le plus au réchauffement climatique depuis 1750.

  • Le CO2 d’origine humaine serait responsable d’un peu plus de la moitié de l’effet de serre anthropique. Il provient pour l’essentiel de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) qui représentent les sources d’énergie les plus utilisées, les émissions industrielles (par exemple pour la production de ciment ou d’enrobés routiers), et enfin pour une part non négligeable de la déforestation, notamment en zone tropicale.

 

En savoir plus : http://www.manicore.com

 

 

  • Le méthane engendre un peu plus de 15% de l’effet de serre anthropique. Il provient de la décomposition (pourrissement) de matière organique en absence d’oxygène. Le méthane d’origine humaine provient principalement de l’élevage des ruminants (vaches, moutons, chèvres…), des décharges d’ordures ménagères, des exploitations pétrolières et gazières, à cause des fuites de gaz (le méthane est le principal constituant du gaz naturel), et des mines de charbon (le méthane est le principal constituant du grisou).

 

Source : http://egm.hautetfort.com

 

Quels sont les effets observés à ce jour ?

 

Le fait que les activités humaines contribuent à l’augmentation des concentrations en Gaz à Effet de Serre n’est pas discuté en soi ; en revanche, l’importance de ces modifications par rapport aux évolutions naturelles, et l’importance de leur effet climatique (par rapport à d’autres facteurs comme l’activité solaire, la vapeur d‘eau ou l’activité volcanique) font l’objet de vives discussions au sein de la communauté scientifique.

 

Source : Chappatte in « International Herald Tribune » sur http://www.globecartoon.com/dessin/

 

Hormis quelques « dinosaures »,  la majorité de la communauté scientifique estime que les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine sont supérieures à la capacité de la planète à absorber ce carbone supplémentaire (dans les puits naturels : forêts et océans) et que cette accumulation de GES dans l’atmosphère provoquent des bouleversements des climats mondiaux, dans le sens observé pour l’instant, d’un réchauffement global.

Ce constat a été confirmé et affiné par le Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat  dans son quatrième rapport publié en 2007.

Télécharger le 4ème rapport du GIEC

Celui-ci précise notamment que :

  • Le réchauffement moyen constaté à la surface de la terre au cours du siècle écoulé (1900 – 2000) s’élève à 0,74°C

 

  • Le rythme d’accroissement actuel des concentrations de gaz à effet de serre (GES) provoquera un réchauffement moyen de 0,2° par décennie durant les trente prochaines années. Les températures pourraient augmenter, d’ici 2100, de 1,4°C à 5,8°C, suivant les différents scénarios.

 

Source : http://effetdeserre.canalblog.com/

 

  • Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté considérablement depuis l’époque préindustrielle. Rien qu’entre 1970 et 2004 elles ont augmenté de 70% .

 

Diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre

 

Selon les conclusions des travaux du Groupe Intergouvernemental d’Etudes sur le Climat, chaque année, c’est environ la moitié de l’ensemble des émissions mondiales de gaz à effet de serre (majoritairement du CO2) qui ne sont pas « réabsorbées » par les écosystèmes continentaux  et océaniques et qui donc s’accumulent dans l’atmosphère.

Bilan des émissions et stockage annuel de carbone
sur la période 2000 – 2008
(Gt = Gigatonnes /an = Milliards de tonnes par an)

 

Source : http://www.clubdesargonautes.org/climat/cc/chap7bis.php

Raupach, M. et Canadell, J. G., 2010 : Carbon and the Anthropocene

 

Cela implique donc que l’humanité entière doit diviser les émissions mondiales de GES par 2, et pour les pays industrialisés les plus émetteurs,  cela implique au minimum de diviser par 4  les émissions de GES.

Quels impacts prévisibles ?

 

  • des phénomènes climatiques aggravés : multiplication de certains événements météorologiques extrêmes (tempêtes, inondations, sécheresses)

 

  • un bouleversement de nombreux écosystèmes, avec l’extinction de 20 à 30% des espèces animales et végétales, et des conséquences importantes également pour les activités humaines

 

  • des crises liées aux ressources alimentaires : dans de nombreuses parties du globe (Asie, Afrique, zones tropicales et sub-tropicales), les productions agricoles chuteront, provoquant de graves crises alimentaires, sources de conflits et de migrations

 

  • des dangers sanitaires : le changement climatique aura vraisemblablement des impacts directs sur le fonctionnement des écosystèmes et sur la transmission des maladies animales, susceptibles de présenter des éléments pathogènes potentiellement dangereux pour l’homme

 

  • des déplacements de population : l’augmentation du niveau de la mer (18 à 59 cm d’ici 2100) devrait provoquer l’inondation de certaines zones côtières (notamment les deltas en Afrique et en Asie) et  causer la disparition de pays entiers (Maldives, Tuvalu), provoquant d’importantes migrations

 

Attendre ou agir ?

Les incidences économiques du changement climatique

 

Du point de vue économique, le rapport Stern évalue le coût de l’inaction entre 5% et 20% du PIB mondial, et celui de l’action à 1% du PIB mondial.

Pour limiter à 2°C d’ici 2100 l’augmentation de la température moyenne de la terre (et donc pour maintenir la concentration en gaz à effet de serre en dessous de 550 ppm), cela coûterait environ 100$ par tonne de carbone évitée – ceci correspondrait à une augmentation de 20 centimes d’euro du litre d’essence ou de gazole.

En savoir plus :

Le rapport Stern

http://www.developpement-durable.gouv.fr

 

Un problème global

 

Les molécules émises dans l’atmosphère par nos activités ont une durée de vie allant de plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’année (100 ans pour le CO2) et, bien évidemment, ne connaissent pas de frontières.

En savoir plus : la durée de vie des gaz à effet de serre

 

Pour être efficientes, les réponses apportées pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre doivent donc être collectives et prises à l’échelle de l’humanité entière. Mais cela implique également des changements de comportements individuels au sein de nos sociétés « énergivores ».

Source :  Philippe TASTET sur  http://www.philippetastet.com