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Comprendre et agir

 
 

Parfois frein, souvent accélérateur, l’accès aux différentes énergies est au cœur du modèle de développement des sociétés humaines. Entre dépendance aux ressources énergétiques fossiles et fissiles, à leur inévitable raréfaction et aux conséquences économiques et écologiques de plus en plus visibles …

 

Pendant des milliers d’années, les besoins énergétiques de l’humanité étaient assurés en totalité par des énergies renouvelables, bois, traction animale, séchage solaire, force motrice de l’eau et du vent…

Source images :http://www.science-et-vie.net

 

Depuis le milieu du 19ème siècle, début de l’exploitation d’une nouvelle source d’énergie, le charbon et de la révolution industrielle , le rythme de l’augmentation des consommations d’énergie n’a cessé de s’accélérer en 2 siècles.

Cette hausse est devenue spectaculaire après la 2nd guerre mondiale et l’avènement de la « société de consommation pour tous » dans les pays occidentaux avec comme modèle, celui d’une société  moderne :  le modèle américain.

 En savoir plus : l’énergie dans l’histoire

 

Une société moderne pourtant basée sur l’ère du « fossile »

 

Au cours des années 1950 et 1960, cette  révolution dans les modes de vie en Europe de l’ouest et en Amérique du Nord (modes de déplacement, de production, de consommation de biens et de services…)  a été rendue possible par une révolution énergétique, due à l’utilisation de nouvelles sources d’énergie « concentrées » et plus « performantes » :  

  • le pétrole au début du siècle
  • puis le gaz et l’uranium dans la seconde moitié du vingtième siècle.

 

Ce modèle de développement économique et industriel s‘est ensuite mondialisé dans les décennies 1990 et 2000 pour s’étendre à l’ensemble de la planète qui, aujourd’hui, tend à vouloir consommer selon les standards et le rythme occidental.

« Ainsi, en un siècle (1880 – 1980) au niveau mondial, la consommation moyenne d’énergie par individu a été multipliée par 7 » (en savoir plus) et le nombre d’habitants sur Terre, sur cette période, a été multiplié par 4 (de 1,5 milliards d’habitants en 1880 à plus de 6 milliards de nos jours).

Les besoins énergétiques augmentent car la population mondiale augmente … mais également parce qu’en parallèle, les besoins par personne font de même …bref, nous sommes toujours plus nombreux à consommer toujours plus.

 

Quelles tendances pour les décennies à venir ?

 

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que les besoins mondiaux d’énergie continueront d’augmenter au cours des 25 prochaines années malgré les contextes de crises économiques des pays dits « riches ».

Les intérêts économiques et énergétiques sont bien souvent opposés, l’économie (industrie, agriculture,  services…) est dépendante, comme le reste de la planète, d’énergie non renouvelables.

Lorsque l’économie va mal, il y a moins de pression sur les matières premières, moins de pollutions induites, moins de consommation … bref, la planète souffle.


Chappatte dans « Le Temps » (Genève) sur http://www.globecartoon.com/

 

C’est donc en période de crise économique qu’on assiste à une diminution (légère) des consommations d’énergie et à une réelle réflexion des consommateurs sur le nécessaire, le superflu…

Même si les anciennes nations industrielles comme les États-Unis et l’Europe, par le biais des délocalisations et des réglementations environnementales devraient parvenir à limiter leur consommation énergétique, le développement économique fulgurant de la zone asiatique, en compensera mécaniquement l’effet si une réflexion mondiale sur la sobriété,  les sources d’énergie utilisées et la consommation n’est pas suivi d’effets.

La mondialisation des marchés, l’ouverture commerciale et la réduction des obstacles au libre-échange voulue via les accords de l’OMC entre les nations a eu pour effet de redistribuer les cartes de la production industrielle mondiale, des pays riches, qui sont devenus alors consommateurs (USA, France…) aux pays émergents (Asie, Amérique du Sud) dont la production industrielle explose depuis 15 ans.

Loin de diminuer la production et la consommation mondiale de biens et d’énergie, ce transfert de production génère beaucoup plus d’impacts sur les écosystèmes par l’explosion des transports mondiaux d’une zone à l’autre et les énergies utilisées dans les pays émergents (pétrole et charbon essentiellement).

Si les pays les plus consommateurs ne procèdent pas à de profonds changements politiques ou économiques, les besoins mondiaux d’énergie pourraient continuer sur leur rythme et ainsi augmenter de 50% en 2030.

Ce contexte de « surconsommation » n’est pas propre au secteur de l’énergie mais concerne bien l’ensemble des ressources naturelles de la terre dont les prélèvements (eau potable, bois, ressources minérales…) pour les besoins de l’humanité dépassent la capacité de la planète à reproduire ces ressources (lorsqu’elles peuvent l’être) et à absorber nos déchets.

Dès 1995, l’humanité consommait chaque année  1,5 fois ce que la planète était capable de reconstituer.

Pour cette année 2013,  la limite de « régénération » des ressources naturelles a été atteinte par l’humanité le 20 août . A partir de cette date, nous puisons donc dans les réserves ou stocks de la terre. En 8 mois nous avons déjà épuisé l’équivalent des ressources naturelles que la Terre peut produire en un an

« Pour finir l’année 2013, l’humanité en est donc réduite à vivre écologiquement à « découvert » et à puiser dans des « stocks » chaque année plus maigres. C’est-à-dire à pratiquer une pêche qui va entretenir la baisse des stocks de poissons dans les océans, à détruire plus d’arbres qu’elle n’en replante ou à rejeter plus de CO2 que ce que la planète ne peut absorber.« 

En savoir plus : l’Humanité vit à « découvert »

Un développement toujours inégal

 

« Les pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques – les pays les plus riches) ne représentent que 20% de la population mondiale, mais :

  • gagnent 85% des revenus

 

  • consomment 75% de l’énergie et 80% des autres ressources

 

  • et sont à l’origine de 75% des pollutions.

 

« Un habitant de l’Union Européenne consomme près de 17 tonnes de matériaux chaque année. Ceux-ci sont extraits en Europe mais aussi hors d’Europe, certains pays ayant même un impact environnemental supérieur à l’étranger que sur leurs territoires nationaux« 

En savoir plus : www.unanpourlaplanete.org/


L’augmentation des quantités d’énergies utilisées et la nature même de ces énergies, datant de plusieurs millions d’années, pose bon nombre de problèmes : dépendance économique, enjeux géopolitiques, déstockage massif de carbone fossile…

De nos jours, le monde consomme en 6 semaines autant de pétrole qu’il en consommait en 1 an en 1950.

Malgré les efforts consentis ces dernières années pour adopter des sources d’énergie plus « durables », les combustibles fossiles et fissiles (uranium) continuent de dominer les « mix » énergétiques français, européens et mondiaux à plus de 80% et leurs utilisations génèrent des impacts négatifs sur l’environnement à court et long-terme, accompagnés de risques technologiques.

Ces impacts vont des pollutions directes et visibles observées (pollutions atmosphériques, des eaux, des sols, émissions de déchets industriels, nucléaires…) aux enjeux planétaires dont les changements climatiques provoqués par l’augmentation des gaz à effet de serre émis par nos activités.

 

Le contexte énergétique en Europe et en France

 

L’Europe et la France ne font pas exception à la dépendance mondiale aux énergies fossiles et à la surconsommation d’énergie. Le pétrole est la première source d’énergie consommée, en Europe et en France.

En France, en 2011, 90 % de nos ressources énergétiques étaient d’origines non-renouvelables.

Les consommations finales d’énergie sont dominées par le pétrole (quasiment pour moitié), puis l’électricité (elle-même dominée par le nucléaire à 75%) puis le gaz naturel.

 

Vers une nécessaire réduction des consommations

collectives et … individuelles

 

Diviser par 4 les consommations en France …

 

Selon les conclusions des travaux du Groupe Intergouvernemental d’Etudes sur le Climat (GIEC), chaque année, c’est la moitié de l’ensemble des émissions mondiales « anthropiques » de gaz à effet de serre (majoritairement du CO2) qui ne sont pas « réabsorbées » par les écosystèmes continentaux et océaniques et qui donc s’accumulent dans l’atmosphère.

Cela implique donc que l’humanité entière doit diviser les émissions mondiales de CO2 par 2, et pour les pays industrialisés les plus émetteurs, comme la France, cela implique au minimum de diviser par 4  nos émissions de GES.

En savoir plus sur le GIEC

 

Prévenir ou guérir ?

 

Dans ce contexte et face à ces enjeux, dont l’importance ne fera que croître, la réduction des consommations d’énergie est obligatoire.

Cette réduction, inéluctable, peut être soit imposée par le prix des énergies et donc subie par la population et les décideurs, soit anticipée par des changements dans nos modes de vie (habitat, équipements, déplacements) énergivores.

Nos modes de vie sont-ils « durables » ?

 

Si tout le monde vivait comme un européen, il faudrait l’équivalent de 3 planètes pour assouvir nos besoins et absorber nos déchets (en savoir plus)

Entre le transport « quand on veut et où on veut », la possibilité de traverser la Terre en avion pour des vacances, tout acheter en tout point du globe et en toute saison etc. etc. … De nos jours, tous ces éléments définissent, en tout cas partiellement, les notions de confort, de mode de vie voir de liberté.


Ces modes de vie où l’énergie « facile »  et la surconsommation ont une place prépondérante hypothèquent la possibilité du reste de la planète et des générations futures à pouvoir faire de même.

 

Réduire les consommations … vraiment ?

 

Pour réduire les consommations et lutter contre le gaspillage énergétique, plusieurs leviers peuvent être actionnés :

  • celui des comportements, c’est-à-dire des habitudes de chacun face à l’énergie et donc de nos modes de vie

 

  • celui de l’efficacité énergétique des appareils consommateurs, des bâtiments et des systèmes de production d’énergie

 

  • celui de la substitution des énergies fossiles par des énergies renouvelables, disponibles gratuitement et à long-terme

 

Une démarche portée et proposée par l’association NégaWatt consiste à actionner ces 3 leviers dans l’ordre logique défini ci-dessus.

En savoir plus : la démarche Négawatt

Source image : http://www.info-energie-paysdelaloire.fr/

 

Selon cette démarche, cette réduction doit commencer par l’arrêt des gaspillages énergétiques : par des actions de sobriété énergétique (chasse au superflu …), puis par des actions d’efficacité énergétique (augmentation des rendements, isolation des bâtiments …).

Nos consommations d’énergie ainsi diminuées et optimisées, il nous restera ensuite à développer massivement les énergies renouvelables, pour couvrir efficacement nos besoins – et nos besoins seulement !

Paradoxalement, les changements de comportements qui sont les plus faciles à réaliser et ne nécessitent pas d’investissements financiers (excepté de la bonne volonté et le désir de changer), sont souvent délaissés au profit de la technique d’abord (chaudière plus performante, voiture moins consommatrice, isolation du bâtiment…).

Pourtant, ces changements de comportement ou « habitudes de consommation » peuvent entraîner d’importantes économies d’énergie. Plusieurs estimations et programmes menés sur des ménages  estiment ce potentiel d’économie d’énergie des habitudes comportementales jusqu’à environ 20% des consommations.

 

 Les clefs du changement

 

Les changements de comportement prendront effet et seront pérennes si les personnes sont motivées. Les facteurs « motivants » peuvent être la sensibilisation, la connaissance, la compréhension du « pourquoi », l’attitude du reste de la société (mimétisme social) et bien sûr les économies financières en jeu.

L’objet du programme PACTES Énergie est de travailler sur le premier levier, celui des comportements et des « habitudes énergétiques » en donnant

1/ des raisons pour agir 

2/ l’envie d’agir.

 

En savoir plus sur le contexte énergétique :

http://www.ademe.fr

http://www.ecoffices.com

http://www.manicore.com